Deuil, Pertes, Ruptures… 3 conseils pour apprendre à se relever.

Nous avons tous appris à gagner mais pas à perdre… Or la vie est une succession de changement. C’est bien là ou tout commence, la perception que chacun se fait de l’échec. Comme disait Confucius:  » Notre plus grande gloire n’est pas de ne pas tomber, mais de nous relever à chaque fois que nous tombons ».

Triompher serait donc apprendre de ses échecs, se remettre debout et avancer…  Mais lorsque nous trébuchons par des circonstances non soumises à notre volonté, comment faire? Comment gérer la souffrance qui nous envahie lorsque l’on perd un être cher?

D’ailleurs, la plupart des gens pensent que le deuil  concerne uniquement ce cas de figure. En réalité, il peut s’agir aussi d’une perte d’emploi, d’une situation de non retour, d’une opportunité manquée, d’une rupture amoureuse, d’un idéal brisé affectant ainsi de la même manière notre capital moral.

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Face à ces épreuves, sur une échelle plus ou moins importante, la douleur et la peine seront les mêmes pour tous les hommes dans la démarche légitime de se reconstruire. Cependant pour soulager au mieux ces périodes difficile, il existe deux acteurs essentiels qu’il est important de comprendre : le vécu émotionnel et le temps. Après avoir pris  connaissance de ces mécanismes autour du sentiment de perte, nous découvrirons ensuite les pistes curatives, pour apprendre à les surmonter.

Le Vécu Emotionnel

Si certaines personnes sont conscientes de ce qu’elles ont perdues, d’autres ne le réalisent pas. En effet, si l’on se met à souffrir de crise de colère, de tristesse, d’insomnies, de douleurs physiques sans raison apparente comme des migraines, des ulcères, des crampes à l’estomac, cela traduit bien souvent des symptômes bien réels. D’où peuvent bien surgir ces symptômes inexplicables ? D’une émotion réprimée  que nous avons somatisée. Dans tous les cas, elles représentent un signal d’alarme qui nous averti. Mais une émotion… C’est quoi exactement?

Les émotions…

Elles sont le baromètre de notre humeur. Les émotions sont un puissant état affectif, elles sont incontrôlables et surgissent du cerveau limbique (cerveaux des affectes). Elles prennent naissance par notre histoire de vie et se lient étroitement à nos comportements, nos pensées mais aussi à l’interprétation que nous nous faisons de chaque instant de notre vie .

Autrement dit, dans le cas d’une perte, lorsque nous ruminons un mauvais souvenir, il sera connecté à une émotion négative; tout comme à l’inverse,  lorsqu’il nous arrive, par exemple, de nous promener dans un lieux associé à un sentiment de joie, une multitude de souvenirs interprétés, cette fois-ci positivement, reviendront à la surface, dû à la connexion émotive que vous avez établi à cette époque.

Notre interprétation émotionnelle joue donc un rôle capital pour se relever. Plus vous penserez à ce souvenir, plus vous irez dans certains lieux, plus vous conserverez certains reflexes, plus vos émotions prendront de la place dans votre cerveau. Il faut savoir que tous ces états affectifs gouvernent notre bon moral ainsi que notre façon de vivre. 

Le plus contraignant, c’est bien quand ces état affectifs réprimés perdurent dans le temps ou bien reviennent à la charge ponctuellement. En effet, ils sont rattachés à un évènement. Les émotions reliées n’ont pas été écoutées comme il le fallait. Certaines personnes mettront un masque pour oublier les causes profondes de leur mal-être intérieur en ayant recours à des moyens de substitutions tel que un dévouement excessif (le travail par exemple), les excès d’alcool, de nourriture, de sport, de colère ou de joie de vivre injustifiée, jusqu’à la culpabilité.

 

Vivre ces émotions bonnes ou mauvaises  serait donc un moyen tout à fait normal, sain et curatif que ce soit la joie, la colère, la tristesse ou la peur… Le plus important reste de les exprimer  au bon moment pour ne pas les refouler et ensuite somatiser. Cela constituera le levier naturel sur lequel nous pouvons agir afin d’accepter l’absence.

Laisser le temps au temps

Si exprimer son bouillonnement intérieur est crucial pour relever la tête, le deuxième point sur lequel il est important de se pencher, c’est le  temps nécessaire pour évacuer notre for intérieur. Malheureusement, face à une perte,  la société ne nous laisse pas le temps de faire « son deuil » pour des raisons d’apparence en partie : le succès, la jeunesse, la beauté, tandis que les mots échecs et mort sont considérés comme tabous. Sans penser encore au deuil non reconnu de cette même société tel qu’une fausse couche, ablation d’un membre…

Selon la psychothérapeute Anne Ancelin Schutzenberger, il faudrait entre 1 et 3 ans pour totalement évacuer le chagrin. Dans ces instants, notre entourage proche nous dit la plus part du temps: « il faut être fort », » ça va passer » ou encore « c’est rien »… Bref il faut se remettre vite et faire bonne figure au détriment de soi et de sa santé.

Malheureusement, croire que le temps arrangera les choses et que les conseils non demandés apporteront des solutions ne sont pas le traitement le plus adéquat pour une personne qui ne peut exprimer sa souffrance. De plus, si souvent nous sommes plus ou moins écoutés quand la situation de perte s’est produite, quant est-il après? En plus d’apprendre à libérer ses émotions toxiques, il est également important de se sentir soutenu, entendu et bien accompagné la période suivant de tels événements, c’est crucial.

Nous savons maintenant de toute évidence que si l’on ne traite pas les maux par les mots, si l’on ne s’accorde pas le temps d’être triste ou d’en parler, nous serons confrontés à une mauvaise gestion des émotions menant à vivre des états internes délétères ponctuellement ou à vie; tel des épisodes dépressifs, des burn-out, des coups de cafard, avoir recours aux antidépresseurs. Aux vues de tous ces éléments qui influeront sur la bonne reconstruction de soi, il est temps de découvrir maintenant quelques solutions concrètes pour enfin se libérer définitivement.

Quelques Pistes…

Parler, Etre écouter, Se libérer

Il est donc important d’être soutenu quand le changement survient, mais surtout bien après. L’entourage aura son rôle clef à jouer pour apporter son soutien. Parfois une présence amicale vaut mieux que tout les mots, ce qui compte c’est la façon dont sont accueillies les émotions et ressentis de la personne concernée. Les phases de larmes, de colère et de tristesse représentent souvent la meilleur thérapie .

D’autre part, comme nous l’avons évoqué, une façon de penser et de se conduire dépend directement du monde intérieur de chacun. Etant donné que chaque personne est une personne et par ce fait que chacun est différent, un conseil pour soi ne sera pas forcement salutaire pour les autres.

Le plus important reste d’accueillir les émotions d’une personne qui souffre sans les interprétés pour soi, parfois le seul fait d’avoir quelqu’un de présent à ses cotés vaut mieux que tous les mots. Malgré toute la bonne volonté du monde de ces proches, il s’avère parfois nécessaire de se faire accompagner en parallèle par un professionnel (en groupe ou en thérapie), si l’impasse est difficile, cela permet le plus souvent  une meilleure prise de recul pour surmonter ces épreuves.

S’accorder du temps pour soi

En effet, il faut apprendre à se laisser le temps d’accepter la situation afin de passer toutes les étapes émotionnels dans l’optique que ces états ne s’installent pas dans la durée, ce qui se traduira sinon par un épisode dépressif.

En parallèle de ce temps nécessaire, il faudra s’offrir un minimum de  plaisirs quotidiens par jour. Attention!!! Nous parlons de vrais plaisirs, ceux qui nous distrait et pendant lesquels on ne se sent pas coupable . Des plaisirs simples qui ressourcent mentalement comme s’autoriser à rire avec des amis, aller au cinéma, faire du sport…

Par ailleurs s’accorder du temps pour soi est bon pour éloigner les sentiments de culpabilité; un proverbe dit: « chacun fait du mieux  qu’il peut au moment où il peut ».
 

Trouver le bénéfice secondaire 

Dans le cas de la perte d’un être aimé, cette solution n’est pas applicable, il est primordial de faire un travail intérieur pour se libérer au plus vite. L’idée sera de trouver le bénéfice secondaire à la situation non voulue tel un déménagement, une opportunité manqué, un idéal. Imaginons qu’une personne doit déménager par obligation professionnel, d’ailleurs ce genre d’événement n’est pas sans conséquences de causes, il a été prouvé que quitter son domicile où sont rattachés plein de symboles peut-être troublant . Il sera conseillé tout d’abord par les spécialistes de dire aurevoir à chaque pièce afin de partir en paix. Puis dans le cas de la contrainte trouver les bénéfices secondaires à ce qui arrive, et ensuite se concentrer dessus afin d’aiguiser à nouveau notre cerveau au positif (découvrir une nouvelle ville, de nouveaux amis, un cadre de travail plus attractif…).

Dans le cas d’un décès, vous pouvez adapter la solution du bénéfice secondaire, en transformant la relation émotionnel qui s’est installé.
Le but n’est pas d’oublié la personne concernée mais d’en garder uniquement les bon souvenirs En cherchant ce pourquoi nous avions aimé cet personne, nous allons pouvoir modifier et remplacer l’absence extérieur par une présence intérieur.

Sans ce travail nous ne cesserons pas de trouver inacceptable ce qui nous est arrivé. Pourtant, un jour ou l’autre, il faudra affronter ce qui nous empêche de vivre. N’oublions jamais que les pertes sont inévitables dans la vie à l’origine d’un changement subit que nous voulions ou non. Il serait dommage d’en tomber malade, voire de s’en laisser mourir. Gardez en à l’esprit que la seule personne qui vous accompagnera toute votre vie c’est vous.

Christophe Cibois – Coach Sportif- Coach de Vie & Minceur

Sources: Schutzenberger, Anne Ancelin / Jeufroy Eveline Bissone. « Sortir du deuil ». Surmonter son chagrin et réapprendre à vivre. Petite. Edition Payot & Rivages, 2007.

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